Le matin, je suis sortie sur le balcon presque machinalement. Juste pour ouvrir la fenêtre, respirer l’air frais, laisser la lumière entrer. Rien d’exceptionnel. Jusqu’à ce que mon regard s’arrête net sur le mur, juste à côté de la rambarde.
Il y avait quelque chose.
Au début, j’ai cru à une illusion. Une ombre étrange, un effet de lumière. Mais non… ça bougeait. Lentement. D’une manière anormale. Comme si quelque chose vivait à l’intérieur du mur.
Mon cœur s’est mis à battre beaucoup trop fort. J’ai senti une montée de panique instantanée. Mes mains sont devenues moites, ma respiration s’est bloquée. J’ai pensé à un serpent. L’idée m’a glacée sur place.
Je suis restée figée, incapable de détourner les yeux. La chose avançait par à-coups, maladroitement. Une partie semblait coincée dans le mur, tandis qu’une longue queue fine restait visible à l’extérieur. Plus je regardais, plus l’angoisse montait.
Je me suis sentie observatrice de quelque chose que je n’aurais jamais dû voir.
Un mélange de peur et de dégoût m’a envahie. J’avais envie de crier, de fermer la fenêtre, de faire comme si tout cela n’existait pas. Mais je n’y arrivais pas. Mes yeux étaient rivés à cette chose, prisonnière du mur.
Les mouvements n’étaient pas fluides comme ceux d’un serpent. Ils étaient lents, saccadés, presque désespérés. Comme si la créature luttait pour avancer… sans y parvenir.
C’est à ce moment-là que j’ai compris.
Ce n’était pas un serpent.
C’était un lézard.
Il s’était glissé à l’intérieur d’une fissure du mur, probablement à la recherche de chaleur ou d’un abri, mais son corps s’était coincé. Il essayait d’avancer, encore et encore, sans succès. Sa queue remuait faiblement à l’extérieur, trahissant sa présence.
La peur est alors retombée d’un coup, remplacée par un profond malaise. Le choc était différent. Plus silencieux. Plus troublant.
Je suis restée là, quelques secondes encore, à observer cette scène irréelle. Jamais je n’aurais imaginé qu’un mur, que je voyais tous les jours, puisse cacher quelque chose d’aussi dérangeant.
Depuis ce matin-là, je ne regarde plus mon balcon de la même manière.
Parce que parfois, ce qui nous fait le plus peur… se cache juste derrière un mur.



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